« Soyez sympas, rembobinez »

vendredi 11 avril 2008 à 23:07

Un hommage sympathique à la créativité.

be kind rewind

Un film de Michel Gondry, avec Jack Black, Mos Def, Danny Glover, Mia Farrow.

Dans la petite ville de Pessaic, un bâtiment vétuste va bientôt être démoli, et son vidéo club délocalisé dans une cité. Le patron, en mission d'espionnage industriel, laisse les clés de sa boutique à deux zigotos qui vont mettre le dawa en démagnétisant les cassettes involontairement. Pour ne pas flouer les clients, ils tournent leur propre version des films effacés. Ca s'appelle : suéder les films.

Alors, déjà, j'ai attrapé un énorme coup de vieux en remarquant que le site allocine s'était senti obligé d'expliquer ce qu'était la VHS. Mais bon, passons.

Au début du film, je dois dire que j'ai eu peur. Effrayé par un Jack Black gesticulant et hurlant. Le film débute sur un faux rythme, pseudo-rigolo, une comédie un peu barrée, aux personnages loufoques, mais devant lesquels je me suis dit : "Oh la la, il va falloir se coltiner cet abruti pendant près de deux heures !". Mais heureusement, dès qu'on entre dans la phase du suéding, le film démarre vraiment. Place à une glorification du système D, de l'enthousiasme communicatif, nous voyons des acteurs qui jouent, qui s'amusent. C'est le retour aux pisto-lasers en carton, aux claviers d'ordinateurs bricolés sur du papier, des gros feutres et des bouts de ficelles. Gondry enquille les trouvailles visuelles pour filmer ses acteurs enchaînant les suédings, sans en faire trop, sans pour autant tomber dans la démonstration technique. Dans « Soyez sympas, rembobinez », ne venez pas chercher la débauche de recettes pour faire soi-même son film, les astuces sont présentes pour raconter comment les deux potes essayent de sauver le magasin de vidéo-club, la technique est au service de l'histoire. Pour chercher les effets tarabiscotés, revoyez plutôt les clips du monsieur.

Ce film reste quand même un hommage à la créativité en tous genres, au système D, au partage, aux projets réunissant les gens, propices aux rencontres. Venu présenter son film lors d'une avant-première, Michel Gondry nous avouait ses réserves concernant les sites tels que youtube, permettant certes à tout un chacun de visionner tout et n'importe quoi, mais n'encourageant pas les gens à se rapprocher. Concernant le suéding, El Pibe parle du thème du palimpseste, insistant sur les thèmes de l'effacement, de l'appropriation. Le métrage de Gondry montre avant tout que des travaux impliquant des communautés, poussant les spectateurs à participer, valent vraiment le détour.

Une manière de balancer aux gens : "Vous voyez ? Depuis le temps que je vous montre qu'on peut être créatif avec des bouts de ficelles, pourquoi n'avez-vous toujours pas franchi le pas ?"

Posté dans Visionnages
Thomas Berthelon

Commentaires

  1. Ah oui, c'est vrai pour allociné...

    J'ai vraiment beaucoup aimé ce film, son enthousiasme, son premier degré et sa croyance en la communauté artistique.

    Bref, c'était revigorant !

  2. Rien à voir avec ce film (fort sympa au demeurant) mais je ne sais pas si tu as déjà entendu parler de celui-ci qui m'a l'air énormissime dans son genre :

    blog.anhphan.fr/2008/04/1...

  3. Je crois que j'avais vu tourner le trailer, c'est clair que ça donne envie. Dans le même genre, Robert Rodriguez a entamé la pré-production de son « Barbarella » : http://www.dvdrama.com/news-25954-le-nouveau-robert-rodriguez-en-marche-barbarella-.php

  4. J'ai vu la bande annonce, et j'avoue je me suis sentie vieille mais vieille ...
    fini pour le moi les films 1er degré :-(


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