Dragon tiger gate

Un film de Wilson Yip, avec Donnie Yen, Nicholas Tse. Disponible en DVD chez Asian star.

Dragon et Tiger sont frères et ne se sont pas vus des années, du temps où ils vivaient à la célèbre école d'arts martiaux, la "Dragon Tiger Gate". Le jour où Tiger s'empare par mégarde de la Lousha Death Plaque, il est recherché par Dragon et les hommes de main du parrain Ma Kun, à la solde du redoutable Shibumi. Une grande bataille contre le Mal commence, où les représentants de la grande école seront confrontés à des pouvoirs défiant l'entendement.

L'équipe responsable du très surestimé « SPL » se reforme. Toujours Wilson Yip derrière la caméra, et Donnie Yen devant et aux commandes des chorégraphies. Inspiré d'une manhua (BD chinoise) de Tony Wong, « Dragon Tiger Gate » est effectivement très proche d'une esthétique BD/jeux vidéo, comme l'était déjà par exemple « Stormriders » d'Andrew Lau (futur co-réalisateur des « Infernal affairs »). Les coups sont souvent enrobés d'un nuage numérique et les figures ont davantage à voir avec « Streetfighter » (le jeu vidéo, pas le film avec Jean-Claude) qu'aux films d'arts martiaux traditionnels. A partir de là, ceux qui n'ont pas lu la BD risquent de regretter le manque de profondeur de l'intrigue et des personnages. Le scénario est trop cousu de fil blanc pour qu'on se sente impliqué par les personnages et leur motivation, et les bastons ne sont pas assez marquantes pour nous faire vibrer. Quelques bons moments esthétiques relèvent le niveau (le sacrifice de la fille auprès du maître) mais l'ensemble sent trop le déjà vu. Le comble, c'est la pauvreté du combat final. Alors que le déroulement du film laissait présager un duel dantesque à trois contre un, la baston est coupée en deux et ne propose rien d'original. Assez proche du « Heroic trio » de Johnnie To ou du déjà pas terrible final de « Stormriders », le combat déçoit et finit d'enterrer un film pourvu de bonnes intentions, mais manquant de nervosité, d'énergie, et d'originalité.

Afin de toucher le plus grand nombre, le réalisateur a semble-t-il été muselé par la production. Sachant qu'une suite et une série TV sont en préparation, espérons un nouveau traitement et une intrigue plus fouillée. De plus, le fan de Donnie Yen que je suis n'a quasiment rien eu à se mettre sous la dent. Autant revoir « Seven swords » pour patienter...