« La traversée du temps »
Une comédie mélancolique d'animation, avec des voyages spatio-temporels, chronique touchante des années lycée.

Un film d'animation de Mamoru Hosoda, produit par le Studio Mad House.
Les lycéens Makoto, Chiaki, et Kousuke sont trois grands amis passant leur temps libre à jouer au base-ball. Un jour, Makoto acquiert mystérieusement le pouvoir de remonter le temps. Elle va utiliser ce don pour prévenir les catastrophes et aider son entourage, mais aussi fuir les implications sentimentales...
Sous son air de concept de science-fiction à la « Un jour sans fin » ou « L'effet papillon », « La traversée du temps » dresse une chronique mélancolique de trois amis au carrefour de leur vie. L'un est assidu et bon élève, le deuxième ne pense qu'à s'amuser, et la troisième ne sait trop comment orienter ses études : comme elle le dit elle-même, ce n'est pas une lumière, mais elle n'est pas non plus idiote, pas bricoleuse, mais pas maladroite. Juste une lycéenne normale, ayant du mal à se lever le matin, un tantinet garçon manqué. Nous assistons durant 1h30 à une peinture sympathique et tendre d'un lycée que nous apprenons à connaître : ses lieux nous sont petit à petit familiers (le metteur en scène utilise un ou deux cadrages par lieu, d'où économie de moyens mais pertinence visuelle), nous nous identifions aux adolescents et à leurs centres d'intérêts. Le film fonctionnant sur un système de répétition, Makoto utilisant certains évènements plusieurs fois, surfant sur le bon vieux concept du "et si j'avais fait cela à tel moment...", le potentiel comique du procédé fonctionne parfaitement, surtout que Makoto effectue une cascade à chaque remontée temporelle. Le rythme du film est savamment dosé, entre gags à répétition s'enchaînant rapidement, et plans contemplatifs et mélancoliques plus longs.
Les connaisseurs ne manqueront pas de constater la ressemblance des personnages avec leurs homologues de la série mythique « Evangelion ». Normal, le character designer est le même : Yoshiyuki Sadamoto. Kousuke est une version moins brutasse de Toji, Chiaki est un Kaoru en moins pervers et plus sportif, et Makoto est un Shinji au féminin, sociable et joyeux. Le rendu visuel est néanmoins plus brut, les cernes sont plus affirmées. Cet aspect étant loin d'être gênant, c'est plutôt le look des séquences de voyage dans le temps qui heurtent l'oeil dans un premier temps, mais finissent par passer au fil du film.
Encore une fois, l'aspect SF est volontairement laissé au second plan. Le réalisateur dépeint surtout les doutes d'une adolescente terriblement attachée à ses deux amis et qu'elle a peur de perdre. Les protagonistes sont partagés entre l'envie de savourer le présent et profiter du temps passé ensemble, et se préoccuper d'un avenir incertain pour la plupart. Les personnages secondaires ne sont pas non plus en reste, et notamment la tante sorcière, dont nous pouvons deviner le passé, à peine esquissé au détour d'une phrase, au fil du film. Par ses nombreuses excursions dans le temps, Makoto, telle une Amélie Poulain lycéenne, s'attache surtout à rendre ses amis heureux en évitant soigneusement de s'impliquer dans une quelconque histoire sentimentale : pour preuve, cette séquence très drôle à répétition où elle préfère parler de sa soeur et couper court à une conversation qui va dériver en déclaration.
Un très joli film, donc, léger et mélancolique. Une déclaration d'amour aux années de lycée.
le dimanche 29 juillet 2007 à 22:27
Un chouette film qui aurait mérité une salle plus remplie. J'ai bien aimé la bande-son, elle colle très bien à l'univers.
J'ai juste été un peu gêné par quelques plans 3D au début, qui arrive de façon un peu brutale vis à vis du traitement des personnages. Mais la poésie prend vite le dessus et on se laisse bercer par le film.
PS: Ah! Tu trouve Kaworu pervers?
=^^=
le lundi 30 juillet 2007 à 00:31
Kaworu est un allumeur... et je ne pense pas qu'il sache jouer au base ball. Remarque, ce n'est pas Shinji qui aurait joué avec lui !!