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mardi, mai 8 2012

« Avengers »

Ecouter aussi ma chronique dans l'émission radio « Supplément Week-End » du samedi 5 Mai 2012.

Un film de Joss Whedon, avec Robert Downey Jr., Mark Ruffalo, Chris Evans, Chris Hemsworth, Scarlett Johansson, Jeremy Renner, Samuel L. Jackson, Tom Hiddleston, Stellan Skarsgard, Gwyneth Paltrow, Harry Dean Stanton.

Loki, le dieu nordique du mensonge et de la discorde, s'empare d'un cube cosmique détenu par le SHIELD de Nick Fury, afin d'offrir la le monde à une puissance obscure. Cela tombe bien, Fury profite de l'occasion pour monter l'équipe des vengeurs, composée de Iron Man, Captain America, Hulk, Thor, la Veuve Noire et Oeil de Faucon.

Ces super-héros ne seront pas de trop pour lutter contre la menace extra-terrestre, enfin... faudra qu'ils réussissent à s'entendre avant.

Le mastodonte est donc sorti sur grand écran, au terme d'une grosse campagne initiée par le producteur Kevin Feige, depuis 2008 avec le premier « Iron Man » de Jon Favreau. Une campagne qui a tout de même connu quelques couacs sur le plan de la cohérence (les deux « Hulk » qui n'ont jamais pu cohabiter avec les autres films, ou ce choix loufoque de caster l'acteur Chris Evans, interprète de La Torche des « 4 Fantastiques » et de « Captain America »).

« Avengers » constitue désormais une référence dans le cercle fermé des films choraux de super-héros (eh oui, n'en déplaise à certains, il en existe déjà quelques-uns), qui compte également dans ses rangs les trois « X-Men », le surprenant « Mystery Men », « Les Indestructibles » des studios Pixar, et le naze « Les 4 Fantastiques ». Allez, en cherchant bien, on peut aussi nommer les « Star Wars » de la nouvelle trilogie et le dernier « Harry Potter », mais on s'éloigne, on s'éloigne.

Joss Whedon nous concocte donc un cocktail de pas moins de 8 personnages principaux, donc 8 trames à développer : un chiffre record, même si, nous y reviendrons, certains personnages sont plus développés que d'autres. Habitué aux scénarios mettant en scène des groupes (« Buffy », « Firefly »), le réalisateur avait déjà préparé le terrain pour cette chorale, en apposant sa patte sur le casting de certaines productions précédentes (« Thor », « Captain America »).

Sur le plan du spectaculaire, « Avengers » est pour l'instant la quintessence du film de super-héros. La maxime "on en a pour son argent" ne s'est jamais autant appliquée que sur ce film, la production nous assènant un très efficace : "Vous vous faisiez une idée en lisant les comics ? On l'a transposé en live !" Même si le long-métrage de Bryan Singer comporte d'autres qualités, c'est sur ce plan que « X-Men 2 » pêchait : nous n'avons jamais vraiment retrouvé le Wolverine sauvage et enragé des comics, alors qu'il est ici difficile de plus "hulkiser" notre géant vert préféré.

Nous regretterons cependant quelques longueurs (la laborieuse exposition sur le porte-avion) inhérentes aux premiers épisodes de franchises (souvenons-nous de la visite interminable de l'institut Xavier), ainsi que quelques lourdeurs et raccourcis scénaristiques (très drôlement soulignés sur le site de l'excellent Odieux Connard). L'introduction dans le laboratoire du SHIELD peine également à véritablement lancer l'histoire, nous présentant des personnages auxquels il est difficile de s'identifier à ce stade du scénario. Nous passerons rapidement sur la scène de Loki assis à l'arrière de la fourgonnette, qui rappelle plus épisode de « L'Agence tous risques » que l'irruption d'un dieu d'Asgard s'emparant d'une arme cosmique de destruction massive.

Parlons des personnages à présent : c'est bien simple, à une exception près, ils sont tels qu'aperçus individuellement dans leurs films respectifs. Si vous les y avez aimés, vous les apprécierez dans « Avengers », et vice versa. Cap' est égal à lui-même, correct, leader né mais plutôt effacé. Son anti-thèse Thor, même si sa parenté avec Loki le place sur le devant de la scène, ne trouve toujours pas sa place en dehors du royaume d'Asgard, et nous attendons toujours de le voir faire autre chose que jouer au boomerang avec son marteau comme un bourrin. Iron Man est aussi provocateur, imbu de lui-même et fanfaron que dans les deux épisodes réalisés par Jon Favreau, ni plus ni moins cabot, ce qui est en soi une réussite vu son manque de place évident dans ce film de groupe.

Mais étonnamment, ce ne sont pas les personnages que nous attendions qui marquent le plus, mais plutôt ceux que nous n'avions pas vus venir. Le duo formé par la Veuve Noire et Oeil de Faucon apporte finalement une dose d'humanité à laquelle peuvent s'identifier les spectateurs. Le personnage incarné par Jeremy Renner en impose autant en agent du mal qu'en tireur d'élite infaillible et calculateur, tandis que la caution sexy (Scarlett Johansson) est particulièrement soignée par un Joss Whedon affectionnant les héroïnes (Buffy, Faith, River dans « Serenity »), et beaucoup mieux intégrée, crédible, et consistante que sa fade apparition dans « Iron Man 2 ». Mais bien évidemment, c'est Hulk qui frappe en force. A côté de la plaque dans le pourtant très intéressant film d'Ang Lee, et anecdotique dans l'épisode signé Louis Leterrier, le plus célèbre colérique du monde apporte un plus considérable au film : un coeur humain, une puissance défoulatoire propulsant le dernier acte dans la galaxie du "jamais vu", une dimension comique décalée et excessive mais qui passe étonnamment bien, un enjeu scénaristique pourtant encore à peine esquissé par rapport aux comic books, l'"Autre", comme l'appelle Banner, tarde à montrer la couleur de sa papatte mais prouve définitivement que le film est construit autour de lui. Dans ce double rôle, Mark Ruffalo se révèle ultra convaincant : en docteur ventripotent respirant la fragilité et la bonté mais jamais la faiblesse, il apporte une consistance et une crédibilité que n'avaient ni Eric Bana (trop carré) ni Edward Norton (trop chien battu), tandis que sa stature apporte du liant avec une créature verte dangereuse mais joueuse.

Nous attendons avec impatience le prochain épisode, sachant qu'entre les mains du même réalisateur que le premier film, la suite (quelques exemples : « X-Men 2 », « Spider-Man 2 », « Hellboy 2 », « Blade 2 », « The Dark Knight », « Batman Returns ») se révèle bien souvent supérieure car débarrassée des obligatoires présentations d'univers, personnages, et organisations.

lundi, mai 7 2012

Ne l'énervez pas !

En attendant mon article sur le film « Avengers » que je posterai demain, voici pour patienter, un Fan Art en aquarelle reprenant les héros du film de Joss Whedon. Ceci est un écho à une scène du film qui m'a bien fait rire.

dimanche, avril 29 2012

TGS Ohanami 2012 : Retour en photos

Ce week-end, avait lieu le Salon TGS Ohanami à Toulouse, une convention autour des cultures mangas, animation, jeux vidéo, et science-fiction. Comme pour certaines des précédentes éditions, en photo ici, , par là, par ici, et , et en vidéo ici, ici, , , et , je vous propose un petit reportage sur ce blog. Cette année, j'ai pas mal mis l'accent sur les cosplayeuses.

J'en profite aussi pour rappeler qu'en tant que professionnel du graphisme, c'est moi qui ai réalisé les bandes annonces vidéo du Toulouse Game Show 2011, et de ce TGS Ohanami 2012.
Bon visionnage.






















vendredi, avril 20 2012

Quizz pré- « Avengers »

Après mes articles sur les films « Thor » et « Captain America », voici un troisième et dernier billet visant à nous préparer avant la sortie du film « Avengers » dans nos salles dans quelques jours. Je vous propose aujourd'hui un petit quizz, dont l'intitulé est "Vengeurs, mais pas que, avec des pièges". Il vaut mieux être un amateur de comics pour pouvoir répondre. Les réponses portent sur la mythologie des super-héros Marvels et des vengeurs en particulier, mais pas que. Attention, comme son nom l'indique, il y a des pièges. L'équipe du « Supplément Week-End » y a déjà joué dans l'émission du samedi 14 avril 2012.

Vous pouvez participer en postant des commentaires. Bien sûr, pour jouer le jeu, mieux vaut ne pas lire les réponses des autres avant de répondre. C'est parti !

1/ Pour m'adapter sur grand écran, mes producteurs sont allés chercher un réalisateur qui avait suspendu en l'air des nanas avec des épées.

2/ Je suis un jeune vieux chnoc réac', mais avec des muscles.

3/ Mes cons de ravisseurs m'ont aidé à m'échapper d'une grotte en me donnant de quoi fabriquer des missiles.

4/ On parle de moi dans des livres, mais en fait j'existe vraiment, et je ne m'entends pas trop avec mon frère.

5/ Je suis un savant, et moi aussi je me transforme en gros machin.

6/ J'ai une arme mais là où les autres l'utilisent le dimanche, moi, je balance des éclairs avec.

7/ J'ai une arme, mais moi au moins, c'est moi qui l'ai fabriquée.

8/ J'ai été incarné par un mec qui se baladait en maillot sur une plage.

9/ On m'a sorti d'un glaçon et j'ai du mal avec les 3 coquillages.

10/ J'aime bien péter des tanks avec mes bras.

11/ J'aime pas qu'on pète mes tanks et mes beaux missiles.

12/ Saperlotte, ils ont changé, les tanks !

13/ Je sors avec un mec beaucoup beaucoup plus grand que moi.

14/ Mon alter ego DC Comics a l'air d'une tafiole habillée en vert. Mon vrai nom est Clint Barton.

15/ Kesta contre le vert ??

16/ J'ai remplacé Tony Stark à la tête du SHIELD qui est devenu le HAMMER.

17/ Moi aussi je suis une divinité qui balance des éclairs, alors faites pas chier !

18/ Je suis récurrent dans tous les films de la franchise Avengers, et j'ai une moustache.

19/ Moi aussi, je suis du bon côté, j'ai été créé par le programme "Super Soldat", mais je suis beaucoup beaucoup moins docile que Cap'.

20/ J'ai transformé un nanar en série culte qui a les crocs.

jeudi, avril 19 2012

« Captain America : First Avenger »

Ecouter aussi ma chronique dans l'émission radio « Supplément Week-End » du samedi 14 avril 2012.

Un film de Joe Johnston, avec Chris Evans, Hugo Weaving, Hayley Atwell, Tommy Lee Jones, Stanley Tucci.

Afin de rattraper l'avance des nazis en matière d'arsenal expérimental, l'armée américaine investit dans un sérum du Super Soldat, et choisit le chétif Steve Rogers comme cobaye. Mais l'expérience tourne mal et en guise de super armée, les généraux devront se contenter du seul Rogers. Doté d'une force, une rapidité et une endurance supérieurs à la moyenne, Rogers devient vite la mascotte de la campagne d'engagement militaire et endosse le caricatural costume de "Captain America" que veut bien lui donner l'armée dans des spectacles itinérants, à défaut d'une vraie place sur le front.

Mais la capture de son meilleur ami Bucky par les nazis va précipiter le destin de Rogers, l'occasion pour lui de prouver à ses supérieurs que malgré son inexpérience, il vaut mieux que son rôle de simple clown bariolé de la bannière nationale.

Ce blog vous propose aujourd'hui une deuxième séance de rattrapage avant la sortie du film « Avengers » de Joss Whedon.

Voici un authentique film d'aventure dans la vieille tradition : un héros pur (limite puceau), frais et joyeux partant à la guerre la fleur au fusil, une amourette quasi platonique, un méchant bien hideux, le charme des films de guerre à l'ancienne (des nazis bien méchants à défourrailler, des soldats US valeureux, des prisonniers à récupérer dans un camp au cours d'une mission suicide...). En un mot, les tares liées à l'adaptation du plus chiant et caricatural des super héros Marvels en font pourtant l'une des meilleures adaptations de comics, dans la veine du charme steam punk d'un « Rocketeer ». Là où Rogers aurait pu pâlir face au charisme démesuré d'un Tony Stark, nous avons affaire ici à un héros en retenue, sobre et efficace dans le bon sens du terme car respirant l'humanité. Alors oui, il n'est pas fun et ne fait pas de blague, mais sa foi démesurée en son pays frôlant la pathologie en font certainement le plus touchant des super-héros. Son apport au groupe des Vengeurs ne sera assurément pas en creux, les scénaristes ayant su rendre justice à cette antithèse de Stark, alors que le matériau portait tous les gênes de l'adaptation foireuse.

Le vétéran Joe Johnston (« Jumanji », « Jurassic Park 3 », ... ah ben tiens, « Rocketeer »), l'un des meilleurs éléments de l'écurie Lucas-Spelberg ayant débuté sur les effets spéciaux de « Star Wars : Un nouvel espoir » en 1977, s'en tire honorablement et fait le métier, comme on dit. A cent lieux des blockbusters à effets spéciaux cyniques, son « Captain America » nous refait croire à un cinéma à prendre au premier degré. L'humour n'est toutefois pas absent, à travers un Tommy Lee Jones (prouvant ici qu'il peut aussi faire rire autrement qu'en costard et lunettes de soleil) parfait en officier militaire ronchon et buté. Dans le rôle titre, Chris Evans s'en sort avec les honneurs, mais il est vraiment aberrant d'avoir choisi un acteur ayant déjà incarné un autre personnage Marvel (La Torche dans « Les 4 Fantastiques »). Pour la cohérence de l'univers, il faudra repasser.

Injustement passé inaperçu lors de sa sortie en salle durant l'été 2011 (en concurrence frontale avec « Green Lantern » de DC Comics, et quelques semaines seulement après « Thor ») ces aventures de Steven Rogers sont certainement arrivées à un point où le public souffrait d'une overdose de héros bariolés. Il vous reste quelques jours avant le mastodonte « Avengers », ne passez pas à côté de cet excellent film d'aventure

mercredi, avril 18 2012

« Thor »

Ecouter aussi ma chronique dans l'émission radio « Supplément Week-end » du samedi 14 avril 2012.

Un film de Kenneth Branagh, avec Chris Hemsworth, Natalie Portman, Anthony Hopkins, Tom Hiddleston, Stellan Skarsgard, Colm Feore, Ray Stevenson, Rene Russo. Disponible en Blu-ray et DVD chez Paramount.

Viré du royaume d'Asgard après avoir foutu la merde entre deux mondes parce que c'est un jeune con, Thor est déchu par son père Odin, banni et envoyé sur Midgard (la Terre pour les Vikings) pour apprendre la vie et faire ses preuves. Il atterrit sur le camion de la chercheuse en tempêtes Jane Foster, qui n'est pas insensible à ses bras musclés.

Pendant ce temps, Loki, le frère de Thor, remplace son père qui est mystérieusement tombé malade...

Ceci est une petite séance de rattrapage pour réviser ses vengeurs avant le film « Avengers » de Joss Whedon.

Première surprise : nous retrouvons aux commandes de ce blockbuster ultra-codifié le réalisateur shakespearien Kenneth Branagh. La surprise est grande, mais le choix est somme toute logique : Thor correspond à la veine "DC Comics" de Marvel, à savoir le côté Space Opera. En effet, la majorité des héros Marvel sont très ancrés dans le vrai monde, beaucoup sont par exemple New Yorkais, quant aux autres, ce sont des hommes comme les autres à qui il arrive des évènements tragiques (morsures radioactives, accidents scientifiques, etc). Le héros nordique est quant à lui, un Dieu, donc est doté dès la naissance de pouvoirs incommensurables. Afin de mettre en scène son histoire, Branagh était tout indiqué, lui qui a l'habitude de narrer des luttes d'héritages, intrigues de palais, et lignées royales. Le projet d'adaptation de « Thor » reposait sur l'équilibre entre la partie terrestre et la partie Asgard, celle-ci devant bien s'intégrer au reste, et surtout aux autres mythologies rattachées au projet « Avengers ».

Deuxième surprise : contre toute attente, la partie Asgard fonctionne beaucoup mieux que la partie terrestre. L'ambiance visuelle, qui pouvait faire peur dans la bande annonce, fonctionne parfaitement est ne respire finalement pas (trop) le kitsch. Les armures étincelantes, les ponts arc-en-ciels, et les grandes portes dorées, si elles font plus penser aux chevaliers d'or de « Saint Seiya » qu'au Grand Nord Viking, ont le mérite de s'inscrire dans un univers fantastique exubérant mais cohérent. Mais cela est obtenu grâce au soin apporté à la relation entre Odin et ses deux fils Thor et Loki. Autant Thor est fonceur, bourrin et parfois stupide, autant Loki est le vilain petit canard, l'intrigant, l'enfoiré tapi dans l'ombre. Ce trio fonctionne sur un équilibre complémentaire entre sagesse, souffrance, et force : trois faces d'un même personnage offrant une profondeur inattendue à ce long-métrage adapté d'un comic book.

De son côté, le côté terrestre offre malheureusement un versant beaucoup plus attendu et classique. A part la partie se déroulant parmi les membres du SHIELD, ayant le mérite d'introduire le personnage d'Oeil de Faucon (Jeremy Renner) et donnant un côté « Excalibur » à la quête de Thor pour récupérer son marteau Mjolnir, ce passage du dieu parmi nous ne restera pas dans les annales, et le duo qu'il forme avec la scientifique, bien que sympathique, est complètement dénué d'intérêt. Seul le danois Stellan Skarsgard, caution scandinave du film et impeccable comme d'habitude, apporte un semblant de consistance à cet épisode midgardien trop expédié pour offrir au film un véritable équilibre. Asgard vainqueur donc haut la main !

Sous l'égide paternaliste d'un Anthony Hopkins plutôt bon, proche de son interprétation d'après une autre mythologie viking « La Légende de Beowulf », les nouveaux venus Tom Hiddleston et Chris Hemsworth s'en tirent honorablement. Alors que le premier compose un Loki en retrait, calculateur froid et surtout pas en dictateur en roue libre, la carrure du second fait merveille, tandis que son magnétisme et son énergie en font l'interprète parfait pour ce dieu banni, en colère mais acceptant sa peine avec dignité.

Il reste maintenant aux producteurs à offrir des méchants et une histoire à la mesure de ce personnage : malheureusement, le moment où il montrer l'étendue de ses pouvoirs coïncide avec sa bêtise, cet épisode étant mis en scène comme une virée de beuverie au volant d'une décapotable avec ses potes. On attend définitivement plus qu'une bande annonce de luxe.

dimanche, avril 15 2012

« Sur la piste du Marsupilami »

Ecouter aussi ma chronique du film dans l'émission radio « Supplément Week-End » du samedi 7 avril 2012.

Un film de et avec Alain Chabat, et aussi Jamel Debbouze, Fred Testot, Géraldine Nakache, Lambert Wilson, Patrick Timsit, Jacques Weber.

Afin de sauver son poste de reporter TV, le journaliste Dan Geraldo, devenu star il y a des années suite à un reportage en Palombie, repart dans ce pays pour ramener une interview des mystérieux guerriers Payas. Son contact sur place est Pablito, un guide volubile et adepte de l'arnaque, que tout le monde traite de menteur.

Mais ce voyage en Palombie va s'avérer plein de rebondissements pour Geraldo, et va le mener sur les traces d'une créature mystérieuse, le Marsupilami. Il sera aussi question d'une prophétie paya, qui mettra aux prises un dictateur mélomane et un botaniste diabolique.

Le papa du Marsupilami, c'est André Franquin. Cet auteur de BD s'est fait connaître en reprenant les aventures de « Spirou et Fantasio » dans les années 40, où il invente les personnages de Zorglub, le comte de Champignac, et donc le Marsupilami. Il crée ensuite à la fin des années 50 le personnage de Gaston Lagaffe, le personnage dont il sera le plus proche, avec Yvan Delporte. Dans les années 50, il crée le studio Franquin, où les auteurs Roba (« Boule et Bill »), Jidéhem, et Greg vont le rejoindre. Il était connu pour sa veine écologiste et humaniste, et nourrissait une passion pour les machines en tous genres. Il meurt en 1997 des suites d'un infarctus.

Mais revenons au film réalisé par Alain Chabat : il commence doucement, et même mollement.

La présentation de la galerie de personnages s'éternisant sur un rythme mou, des scènettes sentant le faux (le briefing de mission à la chaîne TV), la visite du palais du dictateur est quant à elle décalée, mais la mayonnaise ne prend pas vraiment. On commence à sentir la mauvaise grosse comédie du dimanche soir avec son casting TF1 formaté pour faire les zouaves chez Arthur.

Et puis il y a la suite.

Et là... Et là... Inracontable, empreint de poésie, de loufoque, rythmé par ses 35 trouvailles par scène, des gags cachés encourageant le multiple visionnage, bref : chaque scène est une fiole de culte en puissance. Moins adepte de la référence en force qu'« Astérix et Obélix : Mission Cléopâtre », ce « Marsupilami » se veut plus premier degré, plus chatoyant, plus pelucheux. Bref : plus "minou kawaï" que "mouche qui pète".

Surtout, ne lisez rien sur ce film, au risque de vous déflorer vous-même quelques moments clés du film. D'ailleurs, vous en avez déjà trop lu via cet article. Et encore, c'est un véritable crève-coeur de ne pouvoir parler de la performance de Lambert Wilson, ou bien du topo prophétique des payas.

Bref, si vous aimez le Chabat nounours, foncez, c'est un ordre !

vendredi, avril 6 2012

Trailer du TGS Ohanami 2012

Les 28 et 29 avril 2012, se déroulera le TGS Ohanami à Labège, près de Toulouse. Comme pour le Toulouse Game Show 2011, j'ai réalisé la bande-annonce de l'évènement, avec toujours Thomas Armengaud à la bande son. Voici quelques images suivies du trailer vidéo.






mercredi, février 29 2012

« Very Bad Trip 2 »


Ecouter aussi ma chronique conjointe avec Dusport radio dans l'émission « Supplément week-end » du samedi 2 juillet 2011.

« Very Bad Trip » « Very Bad Trip 2 », Un film de Todd Philips, avec Bradley Cooper, Ed Helms, Zach Galifianakis, Ken Jeong, Mike Tyson Paul Giamatti.

Quatre amis partent enterrer la vie de garçon de l'un d'eux à Las Vegas Bangkok. Mais à leur réveil après une nuit bien arrosée, ils n'ont plus aucun souvenir, et la chambre d'hôtel ressemble à Beyrouth. Mais le pire, c'est que Doug Teddy, le futur marié beau-frère, est introuvable. Les 3 potes vont tenter de démêler les fils d'une nuit mouvementée, pour ne surtout pas avoir de comptes à rendre à la mariée au père de la mariée.

Cette comédie est une véritable enquête dans la faune de Las Vegas Bangkok, au sens propre comme au figuré puisque les trois losers vont devoir se coltiner un tigre petit singe tout mignon qui fume des pétards et récupère de la dope ! Au fil d'une investigation les menant de surprises en surprises, ce pauvre Stu se réveille avec une dent en moins un tatouage exotique sur une joue, ils héritent même d'une voiture de flic un moine thaïlandais muet, leur mission principale consiste surtout à échapper au courroux du mafieux local incarné par un Mike Tyson Paul Giamatti au sommet de sa forme faisant autant rire que peur.

Mais l'élément le plus réjouissant lourdingue, c'est bien sûr le personnage d'Alan incarné par Zach Galifianakis, véritable fou furieux psychopathe, grain de sable démoniaque foutant en l'air toute tentative censée et germe de bon sens dans une ville de branques et de prédateurs. Rassurez-vous, nos héros n'ont besoin de personne d'autres pour se livrer à des fornications avec des animaux des autres créatures que nous tairons.

Mais n'ayez pas peur, ce film ne vire jamais dans le glauque. Cela se clôture même dans un générique très réjouissant dévoilant les photos de la fameuse nuit de débauche prises avec le téléphone de Doug Teddy.

Ce genre d'aventures n'arrive décidément qu'une fois !

lundi, février 27 2012

« The Ward »

Ecouter aussi ma chronique dans l'émission radio « Supplément Week-End » du samedi 25 février 2012.

Un film de John Carpenter, avec Amber Heard, Danielle Panabaker, Mamie Gummer, Laura Leigh, Lyndsy Fonseca. Edité en DVD chez Metropolitan Filmexport.

Fin des années 50, la jeune Kristen est internée dans un hôpital psychiatrique. Elle ne tarde pas à découvrir que les lieux sont hantés par le fantôme d'une ancienne pensionnaire. Mais les médecins ne la croient pas.

Voilà, vous l'avez deviné, je ne peux pas vous en raconter plus. Non pas par peur de vous spoiler, mais il n'y a plus rien à dire. Nous sommes dans un pur film de croque-mitaine de la nouvelle génération. Un retour à un premier degré intégral (ce n'est pas plus mal), mais surtout un scénario bas du front se contentant d'aligner des séquences automatisées.

L'histoire ? Kristen essaye de s'échapper. Elle échoue. Kristen ré-essaye de s'échapper. Elle re-échoue. Elle ré-essaye avec une autre fille. Elles échouent toutes les deux. Comique de répétition, tout ça, tout ça.

Deux mots sur le réalisateur. "Big" John Carpenter. Le réalisateur de « Halloween », « New York 1997 », « Invasion Los Angeles », ou encore « The Thing ». Le metteur en scène capable de faire passer un aquarium avec un liquide fluo dans une église pour un sommet du cinéma d'angoisse (« Prince des Ténèbres »). Le même qui livra avec « Christine » une des meilleurs adaptations de romans de Stephen King. Toujours le même qui offre aux férus du cinéma d'aventure un des métrages les plus jouissifs de tous les temps, avec des guerriers chinois lançant des éclairs sur un baroudeur routier en plein Chinatown de San Francisco (« Les aventures de Jack Burton dans les griffes du mandarin »). Aujourd'hui, Big John n'a plus le feu sacré, et se contente d'apposer son nom sur des remakes insipides et de palper l'oseille en guise de retraite, entre deux parties de jeux vidéo.

Après deux segments oubliables de la collection des téléfilms « Masters of horror », le maître est de retour sur un long métrage, 10 ans après le sympathique « Ghosts of Mars ». C'est peu dire que ce « The Ward » est un Carpenter mineur. A ce niveau, c'est carrément Microcosmos ! Se contenant de livrer une copie très scolaire mais complètement désincarnée, il a juste le mérite de ne pas souiller le genre. Avec des effets à l'ancienne (un maquillage à la limite du risible, quelques éclairs, des travellings qui ont forgé sa légende, soulignés par des sautes sonores pour tenter de réveiller les nombreux endormis), il met en scène un produit calibré mais sans surprise. Difficile d'avoir la dent dure, on applaudit quand même le professionnalisme, mais la passion n'y est plus.

Que reste-t-il du film après le visionnage ? Une fin risible car sentant diablement le réchauffé, un casting d'actrices plutôt agréables (on se calme, il y a bien une scène de douches s'attardant sur ce petit monde, mais même si les dos en gros plan sont très jolis... bref) dont certaines referont parler d'elles assurément, et puis c'est tout. Pour la pétoche devant un univers d'aliénés, revoyez plutôt « L'Antre de la folie », le dernier chef d'oeuvre du bonhomme. Avis aux fans, voyez ce film pour le principe. Les non connaisseurs se contenteront de lancer la lecture en fond, pour se moquer d'un métrage signé par un nom qui ne leur dira rien. Les pauvres.

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